Vous avez sans doute remarquer dans la plupart des films américains -au moment du traditionnel flash back sur l'enfance du héros- ou encore dans la pub pour les Werther's Original®, qu'il y a toujours un grand-père à lunettes avec son petit fils sur les genoux en train de feuilleter un grand livre plein de vieux clichés jaunis par le poids des années. Il se peut même que tu te sois, toi aussi, un jour, retrouver dans une situation similaire. Mais en général, pour toi, ça ne se passait jamais aussi bien que dans le poste:
- soit ton Pépé commençait à s'endormir en bavant dans ton cou;
- soit tu sentais un truc durcir dans son pantalon (-"Ce sont mes clés, fiston !" -"Mais elles sont sur la porte, tes clés Papy..." -"C'est le double." -" Mouais, elles sentent quand même un peu la bite et le vieux foutre, tes clés..." -"Hum..."), etc.;
- soit, pire encore, il savait pas lire...
Mais ça...
Non moi, je veux attirer votre attention sur un autre détail. N'avez jamais vous été frappés par cette lueur indescriptible qui naît dans les yeux du vieillard lorsqu'il s'en vient à narrer, la voix tremblante sous le coup de l'émotion, les souvenirs que lui évoque ce saut dans le passé? N'avez jamais vous su lire, dans le regard avide et empreint de malice du marmot, le profond enthousiasme avec lequel il se laisse transporter dans une autre époque par des récits, appartenant eux aussi, à un temps révolu? Ben moi si, j'l'ai vu ("Ca tombe bien d'ailleurs, ne serait-ce que pour la suite de mon article...")!
Et il y a, à cette effusion intergénérationnelle de sentiments, une raison simple: cette bête chose qu'on appelle... L'ENFANCE!!!
Souviens-toi, jeune! C'est comme ça que ça s'passait...
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Il est 7H30 du matin; t'es enfoncé dans la banquette arrière de la Renault 19 de Maman; tu grelottes comme un esquimau se gelant l'cul sur la banquise à attendre que ce putain de poiscail morde à l'hameçon; tu viens de chier pour la quatrième fois dans ton froc et le fond de ton slip pourrait servir de pub pour United Colors of Benetton®; tu pleures tellement que ta mère t'a enfoncé ses deux tampons Net® sans applicateur usagés dans le blaire en guise de mouchoirs... Cherche pas! C'est la rentrée des classes!
Il est 10H30 du matin; ton ventre gargouille déjà si fort qu'on se croirait à notre Dame de Paris; il raisonne tellement que t'as l'impression que ta mère s'est encore trompée et qu'elle a laissé son vibromasseur BX4000 allumé dans ton cartable; t'as beau essayé de gratter un Pépito à Jean-Christophe ou des madeleines à Audeline, ils te laissent juste lécher leur doigt de bourgeois; t'as plus l'choix, tu commences à fourager dans tes narines avec ton Bic 4 Couleurs® pour décoller de leur paroi nasale les plus grosses crottes de nez (alors connues sous les appellations équivalentes de "tarzans", "mokos", "mickeys", "loups", "cac's", "jean-claudes"), tu les alignes sur la table et tu t'en fais un rail... Cherche pas! T'avais faim! On l'a tous fait!
Sonnent ces putains de 12 coups de midi; ça tombe bien: ta réserve naturelle de caquines domestiques était menacée d'extinction et ton stylo ne ressemblait plus à rien; t'es assis à ta place habituelle et gueule pour que la grosse de la cantine apporte la bouffe; tu regardes par la fenêtre les p'tits bourges rentrer chez eux pour grailler un bon gros steack-frites pendant qu'on te ressert une platée de brocolis merdiques; tu démarres alors une bataille de bouffe, d'eau et d'appareils dentaires contre les cuisinières et contre le petit kosovare que l'école a accueilli, histoire de lui remémorer le bon vieux temps; tu finis le reste du repas puni au coin, le ventre aussi vide que les couilles du curé après sa séance de catéchisme avec les p'tits du CE1... Cherche pas! Des repas de chiottes, on a tous vécu ça... On a même vécu que ça, à bien y réfléchir!
Il est 15H00; tu salives tellement en attendant la récré que l'infirmière a dû te mettre sous perfusion pour insuffisance reinale; t'es si pressé d'aller faire un foot contre la bande du gros Raoul que tu te coinces un testicule dans le casier de ton pupitre en voulant sortir de classe à toutes berzingues; privé de sport, tu passes quand même ton inter-classe à essayer de soulever la jupe de la p'tite Amandine qui, en retour, te latte ce qui te reste de couilles à grands coups de pied; tu rentres chez toi avec un mal de bide si carabiné que tu chies un torrent de merde sanguine à peine différent de celui que t'as ingurgité deux heures plus tôt au self... Cherche pas! Des récrés foirées, on en a tous connu!
Il est 19H30, l'heure d'aller se coucher dans ton lit "1 place" même pas encore tâché de la marque de tes nuits solitaires ("Pour les filles, cette vanne n'est pas censée marcher... à moins que tu aies vraiment été une maxi-pute dès ton enfance mais ça..."); tu récites ta table de 4 à Maman et vu sa tête, tu vas prendre une belle cartouche en maths demain; tu te brosses les ratiches avec le super dentifrice au goût de chewing-gum mais on confond encore tes dents avec des touches de piano; tu veux pas que ta mère éteigne la lumière mais elle te répond que si ta chambre reste allumée, ça attirera les pédophiles; tu te décides enfin à fermer les yeux mais c'est le moment que ton père choisit pour pas réussir à bander alors que ta mère a déjà commencé à simuler ... Cherche pas! Les rituels avant de dormir, personne n'y a échappé!
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"Mais pourquoi?", me direz-vous. "Pourquoi diantre tiens-tu tant à nous communiquer ton attachement viscéral pour l'enfance?" C'est pourtant simple, mince! Réfléchissez...
Qui oserait ainsi refuser de revivre ses premiers Noël? Ses premiers anniversaires?
Qui oserait prétendre ne pas vouloir se souvenir de sa première dent de laid ("Ou juste de lait pour les plus chanceux")? De sa première carie?
Qui oserait me dire dans le blanc des oeufs ("Un minute de silence pour celle-là...") qu'il ne donne pas plus d'importance que cela à son premier amour? A son premier baiser (-"Bon, t'es prête?" -"J'crois qu'oui... Mais pourquoi tes potes sont chachés derrière le buisson avec de la corde et du sparadrap?" -"Euh...")?
Qui ose dire qu'il peut m'apprendre les sentiments/ Ou me montrer ce qu'il faut faire pour être grand/Qui peut changer ce que je porte dans mon sang? ("Bon Liane Foly, tu te casses de mon article ou je t'encule toi et tous tes musiciens !").
J'vais vous l'dire moi : PERSONNE!!!... Et pourquoi? Parce que ces premières années sont tout simplement MAGIQUES!!!
C'est quand même la seule période de ta vie où tes parents et leurs cons d'amis applaudissent et se tapent des barres quand tu fais ton rot ; la gueule encore tartinée de compote Blédina! Va essayer la prochaine fois que t'auras un repas de famille de taper un raoul sous le blair de Tonton Gaston -qui, en passant, n'est autre que le mécène à l'origine de 95% de ton argent de poche mensuel- en lui expliquant que c'est pas sale mais que ça rappelle l'époque nostalgique où il accompagnait tes premiers pas sur Terre et tout et tout..., tu m'en diras des nouvelles...
Extrait synthétisé du conseil de famille consécutif à l'affaire du rot :
(dans le salon familial)
- La famille ("T'as vu!"): "Nous devons réagir... Euh... Coupons-lui une couille!"
(5 minutes après - dans ta chambre)
- Toi : "Vas-y Tonton, lâche-moi la couille!"
(10 minutes après - toujours la même chambre)
- Toi : "M'en fous ! M'en reste une..."
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Vous comprenez maintenant pourquoi l'enfance est l'époque bénie par excellence?
Bon, je sens d'ici ce qui va se passer: vous allez vous dire un truc du genre "Ouais et alors? On est bien avancé..." et vous allez foutre le camp sur d'autres sites plus éducatifs. Et comme je ne me pardonnerais jamais de vous laisser faire des saletés avec votre pénis ou votre vagin pendant que je me fais chier à garder mes mains vissés sur mon clavier à écrire cet article ("Non, j'déconne, j'en ai une de libre..."), je vais préférer prendre les devants et vous illustrer ma pensée comme à l'accoutumée, c'est-à-dire avec mon quota linéaire d'ignobles insanités innommables ("Votre crédit de «i» est épuisé. Pensez à recharger avant le 21 de ce mois-ci. Merci.").
Donc, pour faire simple, prenons un exemple qui parlera à tout le monde: Olive et Tom! Je ne saurais trouver meilleure illustration à mon propos: ce dessin animé cristallise à lui seul ce pourquoi l'enfance est magique et donc si précieuse à nos yeux. Ce manga nippon c'était quoi:
- des matches catégorie "poussins" disputés devant 80000 personnes;
- des terrains de 14 kilomètres de long aussi vallonnés que les nibards de Tati Huguette;
- des joueurs mettant 8 épisodes pour aller du centre du terrain à la surface de réparation;
- des rencontres de quartiers retransmises sur le réseau national;
- un héros sautant à 5 mètres de haut malgré une triple fracture de la cuisse ("J'comprends maint'nant pourquoi elle voulait t'éponger le poireau, la p'tite... RESPECT Olive!");
- un joueur de 8 ans et demi dont la puberté était déjà en phase terminale;
- ...
ET ALORS?
Pour les enfants que nous étions alors, rien ne nous paraissait plus naturel que tout cela!
Aujourd'hui, notre tendance naturelle au pessimisme et notre soumission absolue au diktat du rationnel nous pousseraient davantage à suspecter l'usage de produits dopants chez Atton et Landers, à penser que Bruce Harper est toujours puceau et à nous demander si la belle Pattie a eu ses premières règles ("Et si le flux était dense, régulier, grumeleux,...")...
Un autre exemple: Sailor Moon! Tant de mercredis matins passés à supporter notre guerrière de la Lune dans sa lutte effrénée contre les forces de Mal, à admirer ses virevoltantes cabrioles dans la nuit de Yokohama (ou autres villages néerlandais)... Désormais, lorsque viennent à passer les rediffusions de la série sur AB1 ou Filles TV, on met tous "PAUSE" pour vérifier si c'était pas un poil pubien qui dépassait de sa mini-jupe d'écolière et débattons des heures durant quant à savoir si elle pourrait s'enfiler entièrement son sceptre et si non, y parviendrait-elle avec un lubrifiant ou un simple chausse-pieds, etc.
Triste âge que le mien en vérité...
Mais si l'on essaie ne serait-ce qu'un instant de voir ces "choses de la vie" non plus par l'étroite lucarne de notre esprit obtus mais qu'on laisse le filtre magique de l'enfance agir, ce qu'il vient à révéler est tout simplement grandiose: plus rien n'est perverti par des idées préconçues déplacées, des a priori nauséabonds, des préjugés... euh... trop... Oh regardez l'oiseau là-bas! (-"T'es con ou quoi? T'as pas l'droit de détourner l'attention du lecteur quand t'arrives pas à trouver un mot! C'est un article, ça s'peut pas!" -"Ah... euh... t'es sûr?").
Tout redevient beau, fini le désenchantement...
Et Charles Ingalls de redevenir ce sympathique bûcheron, ce citoyen exemplaire, ce père de famille attentionné... et non plus ce pédant moraliste ayant déforesté la moitié de Walnut Groves et se ventant d'avoir un mandrin à en faire pâlir d'envie un bison en rut!
Et le Père Noël de redevenir ce bienfaiteur semeur de rêves et non plus le voisin du 5ème qui venait déguiser le soir du 25 pour niquer ta soeur sans que ça éveille tes soupçons, pendant que tes parents éclusaient chez des amis.
Et la p'tite connasse de 7 à la Maison de continuer à manier, sans que ça étonne personne, les concepts de le pensée nitzschéenne et du dialecte sipnozien sans problème alors qu'elle ait pas foutu de faire la différence entre un rond et un carré.
Et toi de croire de nouveau que t'es bien né dans un chou et que t'es pas sorti du vagin puant de ta mère qui lâchait alors caisse sur caisse tellement l'effort abdominal était intense...
Et...
La suite, c'est vous... vous et votre histoire ("Vas-y, tu peux lancer les violons maint'nant Reggio... Non Reggio! Pas par les fenêtres, Reggio...").
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C'EST POUR TOUT CELA QUE JAMAIS VOUS NE M'ENTRENDEZ DIRE QU'IL N'EST PAS DE PLUS DELICIEUSE SAISON DANS LA VIE D'UN HOMME QUE CELLE DE SON ENFANCE... ET C'EST PAS MICHAEL QUI ME CONTREDIRA ("Je sais, je sais... Mais j'ai pas pu m'en empêcher! C'est si drôle!").
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PS: Mais bon quand tu vois quand même ce que sont devenues les deux gamines de la photo, t'as envie de dire "Bravo et merci bien l'enfance! Mais maintenant place à la puberté et aux déferlements hormonaux tous azimuts!!!"
PPS: - Mais attends une seconde là... Y'a une couille!
- Oui? Concernant?
- La fin de ton article là, où tu baves sur les deux p'tites poufs silliconnées...
- Ben quoi?
- Elle voudrait pas dire en fait que, même si l'enfance c'est cool, chaque époque de notre vie est exceptionnelle pour des raisons différentes et que chercher à revivre continuellement les joies passées ne serait qu'une vaine et désespérée tentative de lutter contre l'égrènement continu des secondes de notre courte existence ainsi qu'un moyen comme un autre de refuser d'affronter la réalité en face? Et que donc, il vaudrait mieux abandonner le passé au passé et aller de l'avant pour, au moins, pouvoir un jour être fier d'avoir vécu le moment présent et ne pas s'être volontairement muré dans un monde factice auquel on n'appartient plus, par peur d'avoir à affronter l'incertitude du lendemain?
- Euh... J'ai dit tout ça dans le post-scriptum, moi?
- J'crois bien qu'oui...
- Ah bon... J'croyais juste avoir fait un article qui m'servirait de prétexte pour mettre la photo des soeurs Olsen que je suis le seul en France à posséder...
- Ah... Autant pour moi.



